Modernisation et engagements

Engagements environnementaux

La maîtrise d’ouvrage publique d’aujourd’hui ne peut s’abstraire des exigences renforcées de développement durable, en matière de performance énergétique, de durabilité des ouvrages, de consommation de matériaux ou de recyclage des déchets pendant les chantiers.

La démarche d’élaboration des schémas directeurs de site engagée par l’OPPIC, avec le soutien du ministère de la Culture, depuis de nombreuses années, participe de cette démarche de développement durable.

Ces schémas visent à construire une approche de long terme de la gestion patrimoniale, en définissant une stratégie d’investissement pluriannuelle associant les exigences liées aux usages, les nécessités réglementaires et l’impératif de transmission aux générations futures du patrimoine remarquable d’aujourd’hui. A la fois document d’orientation et de planification partagé par tous les acteurs, les schémas directeurs évitent les incohérences liées à une programmation au coup par coup. Ils prônent la durabilité des investissements.

L’OPPIC généralise aussi la prise en compte du coût global à 30 ans des équipements construits ou rénovés des ouvrages, car les coûts de consommation des fluides, de la maintenance et de l’entretien/réparation sur le long terme sont désormais un élément important des critères de décision de la puissance publique.

Les grandes campagnes de réhabilitation lourdes des équipements de la politique des grands travaux comme le Centre Pompidou ou la Cité des sciences et de l’industrie soulignent de manière encore plus aigüe cet enjeu.

Les compétences de type « exploitation/maintenance » sont ainsi une exigence de plus en plus importante vis-à-vis des maîtres d’œuvre.

Dans le cadre de sa stratégie de responsabilité sociale des organisation (RSO), l’Oppic mène également plusieurs démarches d’expérimentation, en matière de performance des profils HQE ou de mise en œuvre des principes du Label énergie-carbone désormais intégrés aux programmes des équipements neufs.

La mise en œuvre d’une charte "chantiers à faibles nuisances", des expérimentations de réemploi et de matériaux bio-sourcés complète l’approche de l’OPPIC sur la question.

Développement durable et environnement

Au titre du volet environnemental, quatre items prioritaires sont identifiés, en raison de leur périmètre d’application et des traductions concrètes qui pourront en être tirées pour l’ensemble des opérations dont l’OPPIC est chargé :

Le label énergie carbone, et sa déclinaison patrimoniale
Après avoir procédé par expérimentation en évaluant l’impact des mesures du label « énergie-carbone » sur le projet de construction de l’École nationale supérieure de la photographie à Arles, livré en 2019, l’OPPIC se donne des références à atteindre en matière de label "E+ C-" dans les programmes des équipements neufs. Il en est ainsi de l’IMVT, Institut méditerranéen de la ville et des territoires, de la crèche des résidences présidentielles, ou du futur centre de conservation et d’étude (CCE) des vestiges archéologiques de Bourgogne Franche Comté.

Les traitements et le réemploi des déchets :
Les matériaux issus de la déconstruction des espaces traités par les projets Camus Bons-Enfants sont réutilisés pour les besoins de ce même chantier.

Le référentiel « HQE Bâtiment Durable » :
dans le cadre du schéma directeur de la réhabilitation de la Cité des sciences et de l’industrie, ce référentiel prendra en compte une recherche globale de qualité à travers 4 engagements : qualité de vie, respect de l’environnement, performance économique et management responsable.

Engagements sociaux

Pour agir en tant qu’acteur économique socialement responsable l’OPPIC inclut désormais de manière exhaustive cette clause dans ses marchés de plus d’un million d’euros et six mois d’exécution.

L’établissement a noué un partenariat avec l’association et une charte tripartite OPPIC-EPEC « Ensemble Paris Emploi Compétence ». En Ile de France, le même type de partenariat s’organise, sur tout le territoire national, avec les acteurs compétents comme les maisons de l’emploi. Ce partenariat permet à l’établissement de s’assurer ainsi de la meilleure efficacité possible en terme d’accès à l’emploi des clauses sociales insérées dans la commande publique.
Le GMH propose des adaptations aux spécificités du marché des monuments historiques.

En effet, ces clauses, si elles induisent pour les entreprises une obligation en matière d’action d’insertion en direction de personnes rencontrant des difficultés sociales ou professionnelles pour accéder à un emploi, nécessitent d’être suivies dans le temps, avec une dimension qualitative, pour être réellement pertinentes.

La construction du centre des Archives nationales à Pierrefitte, le MuCEM à Marseille, hier, ou l’École nationale supérieure de la photographie à Arles, la réhabilitation de l’Ecole d’art de Limoges, la construction de l’IMVT à Marseille, la restauration des façades des Invalides, ou le nouvel accueil et la refonte du parcours muséographique du musée de Cluny, tous ces chantiers d’hier et d’aujourd’hui intègrent ce dispositif.

Engagement en faveur de l’accessibilité du bâti à tous les publics

L’accessibilité aux équipements culturels, aux écoles de l’enseignement supérieur « culture » et aux institutions patrimoniales accueillant du public est une priorité des pouvoirs publics, l’OPPIC s’est particulièrement investi sur les actions en faveur de l’accessibilité :

  • en assurant, depuis 2011, la mise en accessibilité de 9 écoles d’architecture, et 3 écoles d’art en modifiant des ouvrants de portes, adaptant des sanitaires, modifiant des escaliers d’accès, créant des plateformes élévatrices, des circulations verticales avec espaces d’attente sécurisés (EAS), des places de parking adaptées, des rampes et de la signalétique adaptée...
  • en portant, pour le compte de 75 institutions qui ne pouvaient l’assumer seules, l’élaboration des agendas d’accessibilité (Adap’) à déposer à l’automne 2015.
  • en développant, au cas par cas, et en lien avec les associations de personnes en situation de handicap, des solutions innovantes pour améliorer l’accessibilité au cœur des monuments historiques, qu’il s’agisse des cours d’honneur pavées des institutions patrimoniales prestigieuses comme à Fontainebleau ou du parcours de visite de l’hôtel médiéval de Cluny.

Engagement en faveur de l’innovation

Afin d’intégrer les démarches de modernisation de la filière maîtrise d’ouvrage et exploitation-maintenance, de répondre aux demandes d’outils performants pour la gestion de parcs immobiliers importants ou pour expérimenter la pertinence de ces nouveaux outils au sein d’ensembles patrimoniaux anciens.

L’OPPIC a engagé diverses initiatives de démarche BIM (Building Information Modeling/Modélisation de l’information du bâtiment) parmi lesquelles :

  • une maquette numérique dans le cadre des schémas directeurs en cours d’étude à des fins de connaissance voire d’exploitation - maintenance pour le site des Gobelins ou encore pour le site de la Cité des sciences et de l’industrie,
  • une maquette numérique patrimoniale au service du schéma directeur de réhabilitation du Grand Palais,
  • la réalisation des études de la cellule de synthèse en BIM pour le chantier de l’école nationale de la photographie à Arles.
  • la mise en oeuvre d’un BIM de conception pour le Centre de conservation et d’étude (CCE) de Besançon.

L’OPPIC comptent également parmi ses chantiers innovants :

  • La réalisation des modélisations des statues des génies de l’Eglise du Val de Grâce par « scan 3D ».
    Sur la base de ces modélisations, des prototypes en polyuréthane sont produits par taille à l’aide d’un robot.
    C’est à partir de ce modèle en mousse polyuréthane que le sculpteur travaille avec en référence le modèle du génie original, afin de reconstituer des parties manquantes.
  • L’optimisation de la transparence des verrières, des coupoles de la Cité des sciences et de l’Industrie, par la mise en place de membranes gonflables en ETFE, polyéthylène-co-tétrafluoroéthylène.
    Ce procédé permet de réduire le nombre de poutres métalliques et d’augmenter la portée des éléments de remplissage. La réduction des éléments métalliques ne s’arrête pas à la suppression des profils en aluminium ajoutés en 1991, mais concerne aussi toutes les traverses et la moitié des poutres treillis. Ces adaptations permettront d’installer 5 grands coussins en ETFE à 4 couches.
    Outre le gain de transparence apporté par la forte réduction des éléments métalliques, les coussins ETFE présentent une transmission lumineuse importante (TL = 0,70), et une isolation thermique deux fois meilleure que la verrière actuelle (Ug = 1,5 W/m².K).