Pont transbordeur du Martrou, Rochefort

Le pont

Au XIXe siècle, le seul moyen de traverser la Charente entre Rochefort et Martrou, est le bac. A rame puis à vapeur, ce système de traversée est limité à marée basse notamment, mais également en cas de conditions météorologiques défavorables ou de courant trop fort.

La construction d’un pont est alors envisagée . Le défi alors est de trouver un système de pont qui permette la traversée des personnes et des véhicules sans gêner la navigation maritime, notamment des navires de l’arsenal de Rochefort. Le projet de pont à transbordeur, proposé par Ferdinand Arnodin est retenu. Il est inauguré le 29 juillet 1900.

Il permet aux piétons, cycles pieds à terre et véhicules de franchir la Charente au moyen de la nacelle. Cette nacelle, évoluant à 2 m au-dessus des plus hautes eaux, est reliée par des câbles à un chariot circulant grâce à des galets (sorte de roues), sur des rails fixés sur les membrures inférieures des poutres du tablier. Le pont du Martrou, dernier pont transbordeur en France a été sauvé en 1976 grâce à son classement au titre des monuments historiques.

Pourquoi restaurer le pont ?

La dernière restauration date de 1990-1994. L’environnement côtier est très agressif pour la peinture. Les campagnes de retouches ponctuelles, efficaces dans les années précédentes, ont montré leurs limites. La rupture d’un tirant d’ancrage 2010, après la tempête Xynthia, a conduit l’État à entreprendre un diagnostic général. Le diagnostic a mis en évidence de nombreux désordres : surtensions dans les haubans, déréglage de la suspension, fragilité des tirants d’ancrage (ayant reçu une sécurisation provisoire en 2010)

Nature des travaux

Le parti pris de restauration retenu est celui d’un retour à l’état d’origine de la conception originelle de 1900, non seulement pour des raisons historiques mais aussi pour des raisons techniques.

La restauration et la mise en sécurité comprennent les travaux suivants :

  • Remplacement du tablier et de la suspension avec un retour au principe d’origine (haubans en éventail de part et d’autre des pylônes), et assemblage par rivetage à chaud ;
  • Restitution des ancrages en arrière des massifs (cf schéma ci-dessous) avec suppression de l’encastrement actuel dans le massif, de conception peu adaptée ;
  • Suppression des excroissances béton en arrière des massifs ;
  • Remplacement des contrepoids d’accostages des quais ;
  • Renforcement des pylônes ;
  • Mise aux normes « maintenance » de toutes les plateformes et accès ;
  • Restauration de la nacelle et du chariot (remplacement d’éléments et remise en peinture) ;
  • Remplacement des galets (roues) du chariot avec diminution de l’entretien par l’exploitant ;
  • Renforcement du système de peinture pour la pérennité et l’agressivité de milieu extérieur .

Convention cadre Culture
Ministère de la Culture et de la Communication
Direction générale des patrimoines

Propriétaire
État - Ministère de la Culture et de la Communication

Exploitant
Communuté d’agglomération de Rochefort Océan

Maîtrise d’ouvrage
Ministère de la Culture et de la Communication
L’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la Culture, Oppic

Maîtrise d’œuvre
Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques, assisté du bureau d’études techniques Artcad

Pont transbordeur du Martrou. Dépose de la nacelle. Visite de la Ministre de la Culture et de la Communication. 16/09/2016.

Entreprises
Lot 1 (travaux de mise en sécurité et de restauration générale de l’ouvrage, à l’exception des travaux de mise en lumière) : entreprise Baudin-Châteauneuf.

Lot 2 (mise en lumière) : intégrant un éclairage dynamique modulable, avec des scenarii pour ponctuer des événements de la vie locale, en recherche d’un mécénat.

 

Dossier de presse
15 septembre 2016
PDF - 6.8 Mo