Retour sur le chantier de restauration du théâtre Impérial du château de Fontainebleau : renaissance d’un chef d’œuvre (2012-2014)

Le photographe Gilles Coulon a accompagné de 2007 à 2014 cette restauration. C’est à travers son regard que vous pourrez découvrir chacune des étapes de la renaissance d’un chef d’œuvre oublié. Comme souvent dans son travail Gilles Coulon a mis l’accent sur la matière. Dans cet environnement resté endormi depuis 150 ans et souvent peu éclairé, il se sert de ces éléments pour nous faire découvrir des lumières, des couleurs comme figées dans le temps. Gilles Coulon est membre de Tendance Floue, collectif de photographe crée en 1991.

Le théâtre Impérial du château de Fontainebleau : le dernier théâtre de Cour. Renaissance d’un chef d’œuvre

(2012-2014)

Le photographe Gilles Coulon a accompagné de 2007 à 2014 cette restauration. C’est à travers son regard que vous pourrez découvrir chacune des étapes de la renaissance d’un chef d’œuvre oublié. Comme souvent dans son travail Gilles Coulon a mis l’accent sur la matière. Dans cet environnement resté endormi depuis 150 ans et souvent peu éclairé, il se sert de ces éléments pour nous faire découvrir des lumières, des couleurs comme figées dans le temps. Gilles Coulon est membre de Tendance Floue, collectif de photographe crée en 1991.

5 novembre 2008 Les espaces dédiés aux acteurs, à l’arrière de la scène, avant restauration.
Depuis sa création, le théâtre n’a servi que pour une quinzaine de représentations. Des espaces annexes avaient été aménagés pour recevoir les acteurs qui bénéficiaient ainsi d’un foyer et de loges.
10 mars 2009 Le salon jaune, contigu au salon Impérial, au premier étage, avant restauration.
Chaque siège de damas jaune a été préservé grâce à des housses de protection en toile de lin livrées en 1855. Ces housses ont été lavées, certaines reprisées et repassées pour assurer de nouveau leur rôle de protection contre la lumière et la poussière.
5 novembre 2008 La loge impériale, avant restauration.
L’état de conservation exceptionnel des soieries anciennes tendues sur les murs et recouvrant les sièges a conduit les conservateurs à privilégier des actions de conservation-restauration, malgré les décolorations irréversibles.
8 avril 2009 Le parterre de la salle, avant restauration.
Les banquettes du parterre, recouvertes d’un velours bleu à l’origine mais devenu verdâtre ainsi que les moquettes fleuries sont encore en place.
  • 10 mars 2009 La loge impériale, avant restauration.
    Les fauteuils et les sièges ont été protégés par des housses de lin et préservés de la lumière naturelle, ce qui explique l’état de conservation exceptionnel des soieries les recouvrant.
  • 7 avril 2009 La salle vue depuis la scène, avant restauration.
    Figée depuis la chute du Second Empire et tombée dans l’oubli, la salle contenait encore l’ensemble de ses fauteuils et sièges, protégés par des housses de lin.
  • 8 avril 2009 Les châssis du décor du palais mauresque, montés sur la scène.
    Il s’agit de l’un des 8 tableaux conservés intégralement, comme ceux de la Forêt, du Palais gothique, du Salon riche, de la Maison rustique…. Au même titre que les décors de la salle, ils constituent des témoins extrêmement précieux de l’histoire du théâtre aux XVIIIe et XIXe siècles.
7 avril 2009 Le salon octogonal et l’entrée vers la loge impériale, avant restauration.
Construit dans un temps record par l’architecte Hector Lefuel, le théâtre fut inauguré en présence du Grand-Duc Constantin de Russie le 13 mai 1857 par Napoléon III et l’Impératrice Eugénie. Ces derniers, ainsi que leurs invités de marque, accédaient à la tribune Impériale après avoir emprunté le vestibule et le salon qui la précèdent.
02 avril 2009 Les plafonds peints de la salle avant restauration.
Les splendides décors de la salle font largement écho au style de la fin du XVIIIe siècle et plus particulièrement au petit théâtre de Trianon, construit pour la Reine Marie-Antoinette au château de Versailles. L’Impératrice Eugénie vouait une grande admiration à cette souveraine.
7 avril 2009 La salle vue depuis la loge Impériale, avec en fond le rideau de scène, avant restauration.
De très nombreuses études préalables à la restauration ont été menées entre 2008 et 2011 pour connaître l’état de conservation des décors et des structures et pour établir un projet de restauration. Cette période d’investigations a été l’occasion de lancer une campagne complète de relevés graphiques et photographiques.
2 février 2013 La salle et la scène vues depuis la loge impériale.
La scène a été transformée en atelier de restauration pour les banquettes du parterre, trop grandes pour être déplacées. Au fond, on aperçoit les 250 châssis peints constituant les décors de scène, stockés sur la scène depuis cent cinquante ans.
1 janvier 2013 Une restauratrice de textiles procédant au dépoussiérage d’un siège.
Pour le mobilier, composé à 80% de sièges capitonnés, le damas jaune a été conservé. Une micro aspiration et un gommage ont permis de faire disparaitre le voile gris qui s’était déposé sur les reliefs.
4 novembre 2013 La restauration des grandes banquettes du parterre, exécutée sur la scène.
Les garnitures de crin ont été déposées sur les dossiers et quelques assises, les volumes ont été remodelés avant la pose d’un velours neuf de couleur bleue (les velours anciens, usés et ayant viré au verdâtre, ne pouvaient être conservés) souligné d’une passementerie de soie.
1er janvier 2013 Une première série de fauteuils et de sièges restaurés, attend son retour dans la salle.
Dans l’atelier de restauration aménagé dans les combles de l’aile de la Belle Cheminée plus d’une centaine de chaises et de fauteuils ont été nettoyées et traitées, représentant des milliers d’heures de travail.
14 novembre 2013 Le démarouflage en cours de la grande toile du plafond.
L’une des étapes les plus délicates de la restauration du plafond a consisté à déposer partiellement les lés de toile peinte décollés puis à les maroufler sur leur support.
4 juin 2013 Le transfert du mobilier en vue de sa restauration.
La restauration des 220 chaises et fauteuils s’est effectuée dans un atelier de restauration spécialement aménagé pour la circonstance dans les combles de la salle de la Belle Cheminée du château.
14 novembre 2013 La restauration en cours du plafond peint de la salle.
La toile du plafond peint par Voillemot, une Allégorie de la Musique et de la Poésie entourées d’Amours voletant dans les nuages, avait souffert d’interventions antérieures qu’il fallait à nouveau reprendre.
13 octobre 2013 La restauration des décors sculptés et peints de la salle.
Un échafaudage a été installé à l’intérieur de la salle pour permettre aux restaurateurs d’accéder à toutes les parties hautes de la salle.
2 décembre 2013 La restauration des parquets dans l’escalier oriental.
Plus de vingt corps de métiers d’art sont intervenus sur ce chantier et se sont relayés pendant près de deux ans.
25 mars 2014 La remise en peinture du corridor périphérique à la salle au rez-de-chaussée en voie d’achèvement.
Quelques modifications au rez-de-chaussée ont été nécessaires pour rendre le parterre accessible aux fauteuils roulants, avec notamment la création d’une rampe à faible pente reprenant les différences de niveau avec l’extérieur.
25 mars 2014 Le dépoussiérage en cours de la garniture du balcon du deuxième étage.
Si le mobilier a été traité dans un atelier de restauration aménagé à l’extérieur du théâtre, les décors textiles fixés aux parois, tout comme les moquettes, ont dû être nettoyés in situ.
25 mars 2014 La restauration des décors peints en cours au niveau du parterre.
Le soubassement du parterre est orné d’un décor peint simulant un damas cramoisi. Après avoir été dépoussiéré et nettoyé, celui-ci fait l’objet de retouches pour masquer certaines lacunes ou usures.
25 mars 2014 La remise en place du grand lustre dans la salle.
Livré en 1855, le lustre est composé de deux couronnes de lumière comportant 60 bougies et 40 lampes mécaniques à huile. Il est tombé sur le parterre en 1926 à la suite de la rupture du câble de suspension. Il fut alors déposé et dépecé. Grâce aux pièces
25 mars 2014 La repose des sols en pierre du vestibule impérial.
Les revêtements de sol du vestibule, qu’il s’agisse des dalles de pierre ou des parquets, ont dû être entièrement déposés afin de consolider les planchers qui étaient en très mauvais état.
25 mars 2014 La remise en place du grand lustre.
Le grand lustre, entièrement reconstitué, est progressivement levé depuis les combles situés au-dessus de la salle jusqu’à atteindre le niveau souhaité. Il sera fixé par deux câbles métalliques rendus invisibles grâce à une gaine en laiton dorée et polie.
  • 25 mars 2014 Essais d’éclairage du lustre.
    Le grand lustre est orné de plusieurs centaines de cristaux de Bohême de formes variées (plaquettes, guirlandes) qui reflètent et difractent la lumière. Détachés à la suite de la chute du lustre en 1926 et réutilisés sur d’autres luminaires, ils ont été entièrement reconstitués à partir de modèles anciens. L’éclairage actuel du grand lustre combine plusieurs sources d’éclairage : l’halogène pour les lampes à huile dite Carcel et la LED pour les fausses bougies, permettant de recréer une ambiance et une température de couleur proches de l’éclairage d’origine.
4 avril 2014 Le balcon de la loge Impériale, après restauration.
Les décors sculptés et dorés ont fait l’objet d’un dépoussiérage et d’un nettoyage très soigné tandis que les lacunes et les usures importantes ont été reprises.
8 avril 2014 La repose des moquettes au niveau du parterre de la salle.
Les moquettes d’origine ont pu être en grande partie préservées. Après un traitement antiparasitaire, elles ont été aspirées, nettoyées puis remises en place. Les moquettes trop usées pour être conservées ont été retissées à l’identique des anciennes.
8 avril 2014 La salle vue depuis la tribune impériale, après restauration.
La salle comprend quatre niveaux superposés : le parterre, le premier balcon où se situe la loge impériale, le second balcon et, à hauteur de la voussure de plafond, les loges grillées. Elle pouvait initialement accueillir 430 spectateurs.