Jeunesse et formation : portraits de jeunes professionnels au service du patrimoine

Cette année, la jeunesse est à l’honneur pour la 34e édition des Journées européennes du patrimoine. L’Oppic a souhaité s’associer à cette 34e édition, résolument tournée vers le jeune public et sa sensibilisation au patrimoine, ou encore aux métiers du patrimoine à travers les portraits de Timothée, Sarah et Eric qui travaillent pour le patrimoine.

Jeunesse et formation : portraits de jeunes professionnels au service du patrimoine

Cette année, la jeunesse est à l’honneur pour la 34e édition des Journées européennes du patrimoine. L’Oppic a souhaité s’associer à cette édition 2017, résolument tournée vers le jeune public et sa sensibilisation au patrimoine, ou encore aux métiers du patrimoine à travers les portraits de Nicolas, Sarah et Timothée qui travaillent pour le patrimoine.

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Nicolas Riehl

L’entreprise au service du patrimoine

Nicolas Riehl

Où travaillez-vous ? Actuellement je travaille pour l’entreprise Pierrenoel sur le chantier de restauration du pavillon de Marsan au Louvre.

Quel a été votre parcours ? Après l’obtention d’un baccalauréat Scientifique je n’ai trouvé aucune formation qui m’intéresse vraiment. Je suis allé voir la chambre des métiers où j’ai fait un stage découverte pour voir les métiers susceptibles de me correspondre : la taille de pierre en faisait partie. J’ai donc enchaîné avec un CAP taille de pierre et marbrerie. Ayant trouvé un domaine qui me plaise j’ai donc approfondi grâce à un brevet professionnel taille de pierre monuments historiques (BPMH) au CFA St Lambert et au lycée Hector Guimard à Paris. Grâce à ce diplôme, l’entreprise Pierrenoel au sein de laquelle j’ai fait un an d’apprentissage, m’a proposé un CDI.

Pourquoi avoir choisi de travailler dans le domaine de la Culture et du patrimoine ? Depuis tout petit j’aime énormément l’histoire et l’architecture, de plus j’ai grandi à Strasbourg et sa cathédrale qui me fascine encore aujourd’hui. Du coup depuis que j’ai commencé la taille de pierre j’ai eu pour but de participer à la restauration de monuments historiques.

Si un conseil devait être donné à des jeunes aimant le patrimoine qui voudraient en faire leur métier, quel serait-il ? Tout d’abord je les conforterai dans leur envie car c’est un beau choix puis de prendre contact avec des organismes capables de les éclairer sur les formations qui pourraient leur correspondre.

Que vous inspire les JEP ? Je trouve que c’est une très bonne initiative car cela permet à des gens qui ne connaissent pas forcement l’existence de nos métiers de les découvrir et à d’autres de nous voir à l’œuvre.

Sarah Bastien

La maîtrise d’oeuvre au service du patrimoine

Où travaillez-vous ? Je travaille en tant qu’ingénieur chargée de projets, dans l’atelier d’architecture de François Chatillon, architecte en chef des monuments historiques. La majorité de ses projets s’inscrit dans un contexte patrimonial, allant de la restauration du monument à l’insertion de création contemporaine. Aujourd’hui, je suis principalement en charge de la coordination interne des études relatives au schéma directeur de restauration et d’aménagement (SDRA) du Grand Palais, dont les travaux doivent s’étaler entre 2020 et 2024.

Quel a été votre parcours ? Attirée plutôt par les matières scientifiques à l’école, j’ai fait deux années de classes préparatoires maths sup / maths spé, puis ai choisi d’intégrer l’ESTP, en raison de la spécialité bâtiment qui m’intéressait et plus particulièrement du double cursus ingénieur/architecte, en partenariat avec l’ENSA de la Villette. J’ai suivi ce bi-cursus les deux premières années, mais y ai mis un terme avant obtention de mon diplôme d’ingénieur. Par curiosité, j’ai voulu faire mon stage de fin d’études dans le domaine de la maîtrise d’ouvrage et ai pu concrétiser ce souhait au sein de l’Oppic, dont les projets m’attiraient par leur diversité et leur volet patrimonial. Le stage ayant porté ses fruits, j’ai ensuite travaillé 3 ans dans cet établissement en tant que chargée d’opérations, notamment sur des projets aux Beaux-arts de Paris. C’est là que j’y ai rencontré François Chatillon, architecte en chef en charge de ce monument. Voulant expérimenter le travail de maîtrise d’œuvre, c’est pour son agence que je travaille depuis maintenant 1 an.

Pourquoi avoir choisi de travailler dans le domaine de la Culture et du patrimoine ? Les projets dans ce domaine sont toujours passionnants, il est facile de s’attacher à un monument qui a une histoire à raconter. Voir à l’œuvre des compagnons capables d’exercer des métiers traditionnels, dont la technicité tend à se raréfier avec les générations, force le respect et participe à la satisfaction voire la fierté de participer à ce type d’opération. Par ailleurs, au-delà du site lui-même, j’ai eu l’occasion de travailler pour des musées et des écoles dans lesquels l’activité humaine était aussi intéressante que les pierres qui l’abritent.

Si un conseil devait être donné à des jeunes aimants le patrimoine qui voudraient en faire leur métier, quel serait-il ? S’accrocher, bien sûr, car cela fait à mon sens partie des voies professionnelles dans lesquelles on peut s’épanouir et être fier de travailler, et se renseigner soigneusement sur tous les métiers autour de son domaine de prédilection. Les places sont souvent peu nombreuses dans les métiers du patrimoine toutefois ces derniers sont assez diversifiés. De façon générale, une formation ou un « appétit » culturel solide est un plus mais pas un impératif, il faut surtout être curieux et apprendre au maximum de ceux qui nous entourent.

Que vous inspirent les JEP ? Le programme des JEP est chaque année varié et fourni avec des manifestations aux quatre coins de la France et de l’Europe, mais pour moi ce sont surtout une occasion de découvrir ou redécouvrir des monuments et lieux emblématiques que l’on aurait pas voulu ou pu visiter autrement (gratuité ou quasi-gratuité, ouverture exceptionnelle au public...).

Timothée Vandycke

La maîtrise d’ouvrage au service du patrimoine

Où travaillez-vous ? Je fais une formation d’ingénieur BTP en alternance à l’Oppic.

Quel a été votre parcours ? Ayant eu assez tôt le désir de travailler dans la restauration du patrimoine bâti, j’ai rapidement cherché à acquérir les connaissances nécessaires au métier. Mon cursus débuta par un DUT Génie Civil, que j’ai poursuivi par une licence et une première année de Master en Histoire de l’art, à Lille puis à Paris. J’ai repris, depuis un an, une formation d’ingénieur BTP en alternance afin d’acquérir des connaissances sur les aspects managériaux, juridiques et financiers. Naviguer de cette manière dans des domaines différents, mais complémentaires, m’a permis de développer des compétences utiles et recherchées ; comme une culture technique associée à des capacités rédactionnelles ainsi qu’à une bonne compréhension des attentes des intervenants sur ce genre d’opérations. Alors que mes responsabilités relèvent de la rédaction de pièces contractuelles et du management de projets notamment, ces compétences me sont très utiles. J’ai également fait un peu de bénévolat dans une association du Douaisis, ainsi que des fouilles archéologiques en été afin d’être familiarisé avec la réalité du terrain.

Pourquoi avoir choisi de travailler dans le domaine de la Culture et du patrimoine ? Le domaine des monuments historiques a attiré mon attention à la suite d’un Erasmus que j’ai effectué dans les pays de l’est, durant lequel j’ai eu l’occasion de me rendre dans des villes, notamment à Prague et Vienne, où les bâtiments anciens sont bien mis en valeur. Je ne nie pas non plus le rôle qu’a mon éducation dans cet attrait. Le bâtiment ancien peut, et doit, vivre avec le monde contemporain. Il ne doit pas être considéré comme une contrainte, mais il doit être protégé. Le remettre en cause, c’est remettre en question l’Histoire, la compréhension du présent par le passé ; sans vouloir me perdre dans des envolées lyriques. Il est aussi porteur de beaucoup de potentiel, de valeur à exploiter, et pour cela il doit être actualisé.

Si un conseil devait être donné à des jeunes aimants le patrimoine qui voudraient en faire leur métier, quel serait-il ? C’est un domaine qui doit bénéficier du sang frais de jeunes gens dynamiques. J’encourage toute personne ayant des idées neuves et qui sont porteuses de projets à s’y intéresser de près pour le faire vivre. C’est cependant un domaine assez exigeant, demandant une appétence particulière. Travailler dans la culture est un choix. Selon ce que vous désirez faire, des formations plus ou moins spécialisées existent. Surtout, renseignez-vous en amont sur les débouchés ; tout en sachant que la complémentarité est très appréciée et qu’il faut savoir être patient. C’est aussi un domaine qui vit beaucoup grâce au bénévolat. De nombreuses associations existent et sont en demande de forces vives. Ce peut être l’occasion d’avoir des expériences enrichissantes, formatrices et utiles.

Que vous inspirent les JEP ? C’est l’occasion de faciliter l’approche de la culture à beaucoup de monde ; ainsi que d’avoir accès à des lieux difficilement atteignables autrement. Il s’agit également d’une occasion de rencontrer des professionnels du milieu et d’échanger avec eux. Enfin, et avant tout, c’est l’opportunité de faire des sortie sympas et instructives avec des proches.