L’art du textile : la passementerie et le tissage au théâtre Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan du château de Fontainebleau 

Avril 2018

La passementerie


Fabrication d’une frange destinée aux canapés des salons ovales du théâtre. Actionnant les fils de soie tendus à la lève ou à la baisse par le biais de pédales, le tisseur assure l’entrecroisement nécessaire à la tenue des guipures qui forment les franges. Celles-ci sont calibrées grâce à une planchette qui en détermine la longueur. Le tisseur réalise 10 à 12 mètres par jour pour le modèle demandé, dont la quantité est de 70 mètres.
Il conviendra ensuite de retordre les brins de la frange, un à un, grâce à un moulinet et un crochet, pour leur donner leur régularité et une longueur égale.


Lors de la fabrication d’une frange ou d’une crête, les fils de soie formant le luisant sont tendus sur le métier et divisés en deux nappes dont l’entrecroisement assure la cohésion du tissage. Pour la restitution des rideaux du salon carré du théâtre, ce sont 45 m de crête giroline, réalisée à la main et pour les canapés et fauteuils, 90 m.


La séparation entre les deux nappes nécessite d’enfiler chaque fil dans un maillon de verre, dits lisses, qui permet de lever et baisser chaque fil et donc d’obtenir la croisure nécessaire au tissage. Chaque fil de soie est enfilé séparément.


Les métiers à tisser les crêtes et galons sont continuellement inspectés pour surveiller les éventuels défauts ou les fils cassés. Pour les banquettes du parterre du théâtre, ce sont 420 m tissés mécaniquement après teinture spéciale des fils de soie.


Métrage de frange à tête ronde destiné aux canapés des salons ovales du théâtre, soit 20 m. Chaque brin de la frange est retordu sur un crochet, à la main.


Moules en bois destinés à être satinés ou roulés de soie pour former une partie du gland d’une embrasse. Chaque élément est habillé à la main par une ouvreuse, qui, à partir des agréments préparés un à un à l’atelier, organise le décor.


A l’arrière-plan, les glands d’une des embrasses des rideaux du salon carré du théâtre présentent des lacunes et des apprêts de soie déstructurés. Au centre, le gland reproduit par l’atelier Declercq passementiers montre les différents effets obtenus par l’association de guipures plus ou moins complexes, tels que la maille dite « grappé », brins perlés, brins carrés, cartouchages pour former les pétales…. Six embrasses ont été ainsi réalisées pour remplacer les anciennes trop dégardées.

Atelier Declerq passementiers